Coment diffuser la culture climat au sein de mon organisation ?

1. Quatre ateliers pour répondre à quatre questions fondamentales
La multiplication des formats de sensibilisation peut dérouter. Fresque du Climat, atelier 2tonnes, Fresque de la Biodiversité, AdACC... Chacun répond à une question précise et couvre un angle distinct.
La Fresque du Climat : par où commencer sa formation au changement climatique ?
Créée en 2015 par Cédric Ringenbach, ingénieur et ancien directeur de The Shift Project, la Fresque du Climat permet de comprendre le phénomène du changement climatique. Aucune connaissance scientifique préalable n'est requise : l'atelier est au contraire conçu pour l'expliquer. En trois heures de travail collectif, les participant·es reconstituent la chaîne causale du changement climatique à partir des travaux du GIEC. Le format collaboratif encourage les échanges entre pairs, y compris au sein d'un comité de direction ou d'un conseil municipal. À l'issue de l'atelier, le groupe partage un socle commun : ordres de grandeur des émissions, rôle des gaz à effet de serre, lien entre activités humaines et trajectoire de réchauffement. Ce socle scientifique est indispensable pour comprendre l'importance des enjeux.
L'atelier 2tonnes : comment réduire les émissions à l'échelle d'une organisation ?
Une fois le phénomène du changement climatique compris, reste la question de l'action. C'est l'objet de l'atelier 2tonnes, imaginé en 2019 par François Laugier et Pierre-Alix Lloret. Il permet d'explorer les leviers de réduction des émissions à l'échelle individuelle et collective, en simulant des trajectoires de transition jusqu'en 2050. Pour un comité de direction ou un conseil municipal, l'enjeu est précis : comprendre quels postes d'émissions sont réellement actionnables par les décisions de l'organisation, et dans quel délai.
Là où la Fresque du Climat pose le diagnostic, 2tonnes ouvre la phase suivante : identifier les leviers d'action prioritaires et mesurer leur poids réel dans les trajectoires de réduction des organisations.
La Fresque de la Biodiversité : intégrer le vivant dans la décision
Le changement climatique et l'effondrement de la biodiversité sont deux crises qui s'alimentent mutuellement. La Fresque de la Biodiversité permet de cartographier les interdépendances entre les activités d'une organisation et les écosystèmes dont elle dépend. Pour une entreprise, il peut s'agir de ses approvisionnements en matières premières ou de la résilience de ses fournisseurs. Pour une collectivité, de la qualité de ses sols, de ses nappes phréatiques ou de la fonctionnalité de ses espaces arborés en période de canicule. Intégrer cette dimension dans la formation des dirigeant·es, c'est élargir le cadre d'analyse au-delà de la seule vision carbone.
L'AdACC : comment préparer son organisation aux impacts physiques du climat ?
L'Atelier de l'Adaptation au Changement Climatique (AdACC) aborde une question distincte des trois précédentes. Non plus comment réduire les émissions et les impacts, mais comment faire face aux effets d'un dérèglement déjà en cours. L'atelier s'appuie sur une définition du risque construite autour de trois composantes : l'aléa, qui est l'événement climatique lui-même (canicule, inondation, sécheresse…) ; l'exposition, ou la présence de biens, d'activités ou de personnes dans la zone concernée ; et la vulnérabilité, ce qui définit la sensibilité de l'organisation à cet aléa et sa capacité à y faire face. Croiser ces trois dimensions permet aux participant·es d'identifier les vulnérabilités propres à leur organisation, qu'il s'agisse d'infrastructures, de chaînes d'approvisionnement ou de services publics, et de poser les premiers jalons d'une trajectoire d'adaptation.
2. Atténuation, biodiversité, adaptation : trois dimensions qui se complètent
Ces quatre ateliers ne sont pas en concurrence. Ils couvrent ensemble les trois dimensions d'une stratégie climat cohérente : l'atténuation (réduire les émissions), la biodiversité (protéger le vivant et les écosystèmes) et l'adaptation (anticiper les impacts physiques déjà inévitables).
Pour un·e dirigeant·e ou un·e élu·e qui démarre, un ordre de progression existe. La Fresque du Climat pose les fondements scientifiques. L'atelier 2tonnes traduit ces connaissances en leviers d'action sur les émissions. La Fresque de la Biodiversité élargit le périmètre aux dépendances au vivant. L'AdACC, enfin, engage l'organisation dans une réflexion sur ses vulnérabilités à court et long terme. Cette progression n'est pas une obligation rigide, mais elle correspond à une logique pédagogique éprouvée, du plus universel au plus opérationnel.
3. Pourquoi former les instances dirigeantes en priorité ?
Le lieu où se prennent les arbitrages qui comptent
La sensibilisation des équipes opérationnelles est utile. Celle des directions générales et des élu·es est indispensable. C'est au niveau du comité de direction ou du conseil municipal que se votent les budgets pluriannuels, que se valident les plans d'investissement et que se fixent les priorités stratégiques. Un service RSE ou un département environnement isolé ne peut pas engager durablement une organisation si les instances de décision n'ont pas elles-mêmes intégré les enjeux climatiques.
Des données qui plaident pour l'urgence
Du côté des collectivités, le rapport thématique du Haut Conseil pour le Climat d'avril 2026 est sans ambiguïté : dans les Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux (PCAET), l'adaptation reste un enjeu moins abordé que l'atténuation, et le diagnostic de vulnérabilité est rarement complété par des mesures concrètes.
Ce retard s'explique en partie par le manque de montée en compétences des élu·es sur ces sujets au moment des arbitrages politiques.
Du côté des entreprises, les impacts sont déjà économiquement mesurés. Le coût moyen des sinistres naturels en France s'élève à 5,3 milliards d'euros par an sur la période 2020-2025, selon l'ADEME.
L'été 2025 a à lui seul coûté 43 milliards d'euros à l'économie européenne, entre vagues de chaleur, sécheresses et inondations.
Ces chiffres traduisent un risque physique qui s'intègre désormais dans les décisions de financement, d'assurance et de stratégie d'entreprise.
Pour aller plus loin
Former ses dirigeant·es au changement climatique n'est pas un investissement « culturel ».
C'est une réelle condition pour éclaire les décisions stratégiques de l’organisation, pour comprendre et anticiper les impacts du changement climatique d’aujourd’hui et de demain.
Ce portage doit toutefois se prolonger au-delà du comité de direction ou du conseil municipal. Si la direction et les élu·es doivent porter le message et engager les premiers arbitrages, la diffusion d'une culture climat à l'ensemble des collaborateurs et des agents reste indispensable pour transformer une décision stratégique en action collective durable.
OuiACT anime l'ensemble de ces ateliers pour les entreprises comme pour les collectivités territoriales et dispose de la certification Qualiopi pour ses actions de formation.
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